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Critique Ciné: Projet Almanac

9 Mars 2015 , Rédigé par Gallifrey Publié dans #Test

Projet Almanac
Réalisateur : Dean Isrealite
Acteurs Principaux : Jonny Weston, Sofia Black d'Elia,
Allen Evangelista, Virginia Gardner, Sam Lerner
Date de Sortie : 25 Février 2015
Film de Science-Fiction Américain

 

Synopsis : Un jeune lycéen surdoué souhaite obtenir une bourse d'étude pour entrer au MIT, mais la bourse qu'il obtient est insuffisante pour assurer les dépenses universitaires. Suite à la décision de sa mère de vendre la maison familiale pour payer les études de son fils, celui-ci cherche dans le grenier une idée de son défunt père, également surdoué. Il trouve alors une caméra ayant filmé l'anniversaire des ses sept ans, mais un détail lui apparaît : il se voit dans un miroir, dans la vidéo qui date de plus de dix ans. En fouillant dans l'atelier de son défunt père à la cave, il trouve un prototype de machine à voyager dans le temps...

 Une critique claire et succincte pour ce film me paraît difficilement réalisable, déjà par le thème qu'elle traite et qui me passionne et qui est le voyage dans le temps (rappelons que mon pseudo est celui de la planète des Seigneurs du Temps et que l'un des films de mon enfance préféré entre tous est Retour vers le Futur). Il y a beaucoup de points qui peuvent rebuter de premiers abords vis-à-vis de ce film, et pour commencer : le fait que son réalisateur est un illustre inconnu, et aussi stylistiquement parlant puisque le film est en mode Projet Blair Witch, pour ceux qui sont plus jeunes Projet X ou encore Chronicle, à savoir que l'on voit par un outil d'enregistrement interne au film (une caméra, un téléphone, etc...). On subit donc les secousses, les plans fixes ou bien ultra-mobiles, et surtout les plans restreints, où l'on voit très peu de choses.

Le film commence par une atmosphère détendue et s'échine à mettre l'histoire bien en place, quitte peut-être à tirer un peu longuement (uniquement sur le début). La première demie heure est quelque peu lourde et l'on voit le héros « nerd » et mal à l'aise, timide, assez cliché, se mettre dans des situations difficiles et l'on comprend à l'avance le parcours initiatique qui va être le sien. Si la première demie-heure, donc, est quelque peu lourde, c'est finalement un mal pour un bien puisque l'environnement du héros est implanté et cela rend l'empathie bien plus facile, ce qui facilite donc l'immersion.

     La suite du film consiste en l'élaboration de la machine, et il faut avouer que c'est très bien mené, car le héros et ses deux potes ne fabriquent pas cette machine en deux minutes un doigt dans le nez et l'autre dans le... 'fin bref. Ils se heurtent à des difficultés, à chaque fois qu'ils pensent réussir, ils ne font que se rapprocher du but sans parvenir à leurs fins. C'est au bout d'un bon moment que l'histoire se lance et les péripéties commencent. L'une des forces du film est que malgré leur avantage temporel, les héros restent des enfants : disposant des numéros gagnant de la loterie celui qui fait le ticket se trompe d'un chiffre, ce qui leur fait rater le jackpot. Le cancre espère mettre à l'amende son prof lors d'une interrogation orale, mais il se plante, car le prof modifie les questions, etc... De leur jeune âge, ils disposent d'un enclin à la satisfaction personnelle : gagner à la loterie, faire la fête, etc... Et c'est là que l'élément perturbateur arrive.  

 Cet élément perturbateur arrive si doucement qu'on n'est même pas sûr qu'il s'agisse bel et bien de l'élément perturbateur. Et à partir de ce moment le film gagne en intensité, il n'y a pas de temps mort et les situations s'enchaînent : le héros reste humain à chaque instant et ne songe pas à aller au delà de l'imaginable. Il se laisse déborder par les événements et l'on se demande comment il va réussir à dénouer la situation.

 Au final si le film met du temps à démarrer, lorsqu'il part, il nous entraîne totalement. D'un point de vue divertissement, le film est agréable au possible, l'histoire est relativement simple, mais s'adresse à la fois aux plus jeunes comme aux plus âgés, la thématique est intéressante et bien menée, et beaucoup de choses ont été pensées d'un point de vue logique, qui n'est pas sans faille.

Si j'en viens à parler de la logique, c'est parce que c'est finalement ce qui pourrait poser le plus de problèmes au spectateur qui n'est pas lambda et qui rechercherait toutes les corrélations logiques vis-à-vis des paradoxes temporels. Car il devient difficile de suivre quand des choses arrivent à certains moments et pas à d'autres, alors que ça le devrait, quand cela touche les humains, mais pas les objets, etc... Mais franchement.. Est-ce vraiment cela qui est intéressant?

Considérons donc le film uniquement du point de vue du divertissement : il est excellent. Il n'y a rien de véritablement mauvais à dire, car chaque passage est justifié : les longueurs implantent une histoire et un décor, les situations forcent l'empathie envers les personnages et incitent à connaître la suite des événements. La musique n'est pas un point notable, elle passe totalement inaperçue (j'irais même jusqu'à dire « si musique il y a » car si peu marquante que je n'ai juste aucun souvenir), mais ce genre de film ne repose pas véritablement sur la musique, mais bien davantage sur l'histoire (à l'instar de Chronicle qui n'a même pas de musique lors du générique de fin, simplement un bruit de vent et de bourrasque). Je recommande chaudement ce film, pour lequel je n'avais pas d'attente particulière et qui donc m'a bien surpris. Un peu moins de deux heures pour un film qui n'est pas en 3D (ce qui devient tout de même de plus en plus rare), et par conséquent un coup relativement peu élevé (ce qui est quasiment impossible lorsque l'on va au cinéma aujourd'hui).

Et pour le mot de la fin qui fera rire, je pense Clyde et je l'espère ceux d'entre vous qui auront vu le film : au final, le vrai homme n'est pas celui qui se crée une seconde chance, mais qui arrive à saisir la première. Et mention spéciale à la référence possible au film Retour vers le Futur II avec le nom de « Almanac », qui fait penser à l'Almanac des Sports qui est au centre de l'intrigue.

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