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Retrust Golden Sun et Golden Sun : The Lost Age, une histoire en deux parties

1 Mars 2015 , Rédigé par Nadrak Publié dans #Retrust

Titre: Golden Sun / Golden Sun: The Lost Age
Editeur: Nintendo
Développeur: Camelot Software
Genre: RPG
Plateforme: GBA
Sortie France: 22/02/2002 - 19/09/2003

 

Golden Sun et sa suite The Lost Age sont des jeux sortis sur Gameboy Advance respectivement en février 2001 et en septembre 2003 en France. Un RPG qui a laissé sa marque sur la console portable de Nintendo, assez bien lotie en ce qui concerne son catalogue de jeux de rôle. Et ces deux épisodes qui s’inscrivent dans une continuité scénaristique, font partie de ces jeux que l’on n’oubliera pas de sitôt, grâce à une qualité globale exceptionnelle. Fort du succès des Golden Sun, il n’est pas étonnant que Nintendo ait proposé en 2014 des versions téléchargeables sur sa WiiU, avec l’immense déception que de les voir arriver dans la seule langue anglaise, alors que les versions GBA étaient traduites. Retour donc 14 ans en arrière, quand Golden Sun avait encore ses textes dans la langue de Molière.

Le petit village de Val, situé au pied du mont Alpha, a subi une terrible tempête, provoquant la disparition de plusieurs de ses habitants. Trois ans plus tard, le village panse encore ses blessures. Vlad, jeune homme de 17 ans et mystique de la Terre, étudie l’alchimie en compagnie de deux de ses amis, Garet et Lina, chez Thélos. Ce dernier, un théologien, scientifique, s’intéresse à l’alchimie. La terre, le feu, l’air et l’eau composent chaque chose, et sont l’essence même de la recherche alchimique. Or, Thélos fut un jour visité par un curieux couple lui affirmant qu’ils avaient vu de leurs yeux le temple de Sol, au cœur du Mont Alpha, alors même que cet endroit sacré est interdit d’accès. Pour vérifier leurs propos, Thélos embarque Vlad, Garet et Lina dans le temple où ils découvriront la chambre élémentaire, renfermant les étoiles de chaque élément. Seulement,Salamandar et Phoenixia, qui s’avèrent être les personnes à l’origine de la catastrophe trois ans plus tôt, accompagnés de deux autres acolytes, vont voler les trois étoiles récupérées par nos héros. Pour s’assurer de leur collaboration, Lina et Thélos sont prient en otages, obligeant Vlad et Garet à aller chercher la dernière étoile restante. L’entrée en éruption du Mont Alpha se produit au moment où Vlad récupère l’étoile, ne laissant pas d’autres solutions à Salamandar et son groupe que de fuir avec Lina et Thélos. L’Inexorable, une divinité liée à l’Alchimie, protecteur des étoiles, sauve Vlad et Garet tout en leur donnant pour mission de récupérer les étoiles volées par Salamandar et son groupe. Beaucoup de dangers, de combats et de révélations les attendront tout au long de leur aventure.

Cela vous a plu . Et bien ces quelques lignes ne décrivent que les deux premières heures de Golden Sun (si l’on a pris le temps de parler avec tout le monde). Certes, le scénario n’est pas mirobolant pour qui à l’habitude de jouer des RPG japonais, mais il est suffisamment maitrisé pour que le joueur prenne du plaisir à suivre les péripéties de ces jeunes héros. Mais pour apprécier l’histoire à sa juste valeur, il faut absolument jouer aux deux épisodes à la suite, car si le premier est très classique dans son déroulement, The Lost Age apportera son lot de bonnes surprises, complétant parfaitement le premier épisode. Sans vouloir trop en dévoiler pour qui souhaiterait se lancer dans l’aventure, le héros du second opus ne sera pas Vlad mais Pavel, le frère de Lina. Que les amateurs de l’équipe de Vlad se rassurent, à un certain moment dans l’aventure de The Lost Age, les deux équipes fusionneront. (Comme les deux aventures sont toujours disponibles sur WiiU, aucune grande révélation ne sera faite). Le scénario de ces deux jeux réunis est donc de qualité, et c’est un des éléments importants que tout amateur de RPG est en droit d’attendre. Bien sûr, à un scénario agréable, voire passionnant, s’ajoute également le système de jeu lui-même pour qu’il soit vraiment accrocheur.

Et sur ce point, Golden Sun ne déçoit absolument pas. Comme tout grand RPG (Final Fantasy, Bravely Default, Tales Of…), les Golden Sun font la part belle à l’exploration et aux combats. Ces combats paraissent, au début, plutôt classiques, avec des batailles au tour par tour. Mais cette impression est assez rapidement balayée par un système bien pensé par l’équipe de Camelot : les djinns. Et si les personnages peuvent utiliser des attaques directes avec leurs armes, mais également leur magie élémentaire liée à leur affinité (terre, feu, air, eau appelées psynergie), ils peuvent utiliser des djinns pour combattre. Les djinns sont très nombreux et peuvent être donnés à n’importe quel membre de l’équipe. Là où le système devient intéressant, c’est qu’une fois lié à un personnage, le djinn va changer les statistiques du héros et également modifier ses compétences magiques en changeant sa classe. Ainsi, donner un djinn de terre à un mystique du feu permet de modifier la classe et donc les compétences en apportant la magie lierre (entre autres), permettant de faire pousser rapidement de la végétation aux endroits prévus à cet effet. Le héros peut ensuite grimper sur ce mur végétal et atteindre des lieux inaccessibles autrement. L’intérêt des djinns est malgré tout limité hors combat du fait que, hormis lierre, les autres capacités utilisées pour avancer dans l’exploration sont de base enseignées aux personnages, ou apprises grâce à des objets récupérés lors de l’aventure. Et d’expérience, il est plus utile de donner à un mystique de terre des djinns de terre, améliorant ses statistiques de façon globale. Mais les djinns ont également une grande utilité en combat.

Ces derniers peuvent être utilisés directement, apportant divers bénéfices à l’équipe (attaque directe ou baisse de statistiques sur des ennemis, augmentation des statistiques ou soin de l’équipe…). Utilisés ainsi, les djinns sont ensuite prêts au tour suivant à être invoqué, faisant tomber un déluge de dégâts sur les adversaires. Le troisième tour voit le djinn invoqué se reposer, inutilisable, jusqu’au moment où il se liera de nouveau au personnage, pouvant de ce fait être utilisé de nouveau. Sur le premier Golden Sun, 28 djinns peuvent être trouvés, là où The Lost Age en apporte 72 (les 28 du premier et plein de petit nouveau). Et quand plusieurs djinns seront prêts à être invoqué, le joueur aura le loisir de choisir entre plusieurs invocations.

Si Golden Sun propose 16 invocations bien distinctes, The Lost Age permettra de mélanger, grâce à la découverte de pierres, des djinns de différents éléments pour lancer des invocations encore plus dévastatrices. Autant dire que les récupérer tous fait partie de l’exploration du jeu. Et ils ne seront pas de trop pour pouvoir défaire les hordes de monstres aléatoires qui viendront titiller les héros. Ils sont nombreux et diversifiés, bien qu’il y ait des copies des monstres rencontrés, possédants des couleurs différentes et une puissance bien plus importante. Chaque monstre possède en effet trois versions de puissance, mais cela ne gênera en rien la progression si le joueur est suffisamment prévoyant pour monter le niveau de ses personnages en conséquence. Là où les combats se corsent, c’est bien évidemment contre les boss, des monstres parfois gigantesques, qui demandent une certaine dose d’anticipation pour terminer les combats sans trop de… bosses. Les combats sont donc agréables et les ennemis les plus puissants apportent suffisamment de challenge pour ne pas provoquer la lassitude encore aujourd’hui.

Bien sûr, les combats ne sont pas le seul intérêt des Golden Sun, et les joueurs avides de découvertes en auront pour leur argent. Les lieux sont extrêmement diversifiés, chaque village ayant une personnalité propre. Les grottes et autres donjons sont également très différents les uns des autres pour donner, toujours plus, cette envie d’explorer le monde de Weyard dans ces moindres recoins. Pour chipoter un peu, le seul bémol lié à cette exploration se trouve dans le premier épisode qui se fait entièrement à pied là où The Lost Age met à disposition un moyen de transport qui facilite grandement les déplacements. Rien de bien méchant, surtout que la carte est variée avec beaucoup de lieux à découvrir pour, une fois encore, ne pas provoquer la lassitude du joueur.

Et les graphismes continueront d’enchanter la rétine. Encore aujourd’hui, Golden Sun 1&2 font parties des jeux possédants les plus beaux graphismes de la GBA. C’est extrêmement coloré, avec beaucoup de détails qui donnent de la vie à cet univers. Les personnages sont en format SD (super deformed), une grosse tête pour un petit corps durant l’exploration, mais ils sont représentés de manière proportionnelle pendant les combats qui font également honneur à la vieille console portable de Nintendo. Les batailles sont dynamiques, avec des angles de caméra tournant autour des personnages lors de puissantes attaques, faisant un zoom lors d’un coup critique, permettant ainsi, en plus d’apprécier les détails des ennemis, d’admirer le fond de la zone de combat propre à l’endroit ou se trouvent nos héros. Seule la carte paraît aujourd’hui, et à l’époque déjà, grossièrement modélisée. Mais hormis la traverser pour aller d’un point A à un point B, il n’y a de toute façon pas grand-chose à y faire à part écouter la musique du jeu.

Car c’est Motoi Sakuraba qui en est le compositeur. Ce nom ne vous dit rien ? Si je vous dis qu’il a composé les musiques de Baten Kaïtos, des Tales Of, des Dark Souls ou des Valkyrie Profile ? Toujours pas ? Bon… Kid Icarus : Uprising, Mario Golf et Mario Tennis ? Ca vous parle déjà mieux… Va vraiment falloir améliorer votre culture les jeunes ! Bref, un grand monsieur de la composition, que dis-je… un génie. Et les musiques des Golden Sun ne font pas défaut à sa réputation. Les musiques sont de qualités, apportant à la satisfaction visuelle une jouissance sonore toujours en accord avec l’environnement visité. Tantôt enjouées, tantôt dramatiques, tantôt épiques, elles sont aussi adaptées aux situations auxquelles devront faire face les héros, permettant de se plonger plus encore dans ce magnifique RPG.

Et le joueur aura tout le temps d’apprécier les compositions, car si terminer le premier Golden Sun paraît court avec seulement 40 heures, il en faudra le double pour faire sa suite, ce qui nous amène tout de même à 120 heures de jeu en cumulant ces deux aventures, qui n’en forment finalement qu’une. Cerise sur le gâteau, un code est disponible pour relier les deux versions entre elles et ainsi transférer son équipe du premier vers le deuxième au moment où le scénario l’exigera. (avec les objets, les djinns, l’équipement). Du pur bonheur. Et les activités sont si nombreuses qu’il serait très difficile de tout énumérer.

Aujourd’hui encore, Golden Sun et Golden Sun : The Lost Age restent de grands jeux. Les graphismes n’ont pas prit une ride, les musiques sont sublimes, le scénario se suit avec un intérêt grandissant, les personnages sont attachants, les combats toujours agréables, le système des djinns encore intéressant, les invocations sont magnifiques. En clair, parler aujourd’hui de Golden Sun, c’est un peu comme parler des films cultes comme Star Wars, Alien, « insérer le film que vous aimez ». Ils vieillissent bien, ils sont intemporels, ils sont légendaires. Golden Sun a prit quelques rides, mais ce sont des rides d’expression, à l’image du sourire qu’il provoque chez le joueur qui tombe sous son charme. Un indispensable au début des années 2000, il l’est encore aujourd’hui. Alors, si vous n’avez jamais mit la main dessus, je vous conseille fortement de vous jeter sur la console virtuelle de la WiiU pour peu que vous aimiez les RPG japonais et que vous ne développiez pas d’urticaire pour la langue anglaise. Clyde a tendance à dire que si nous n’avons pas fait certains jeux, nous avons raté notre vie. Je n’irai pas jusque-là, mais ceux qui n’ont jamais touché ce chef-d’œuvre seront passés à côté d’un grand RPG.

 

NOTES
 
Scénario : 18/20
Gameplay : 19/20
Graphisme : 19/20
Bande-son : 19/20
Durée de vie : 20/20
 
NOTES GENERALE : 19/20
 
Les plus :- Les graphismes
- Les musiques
- Le système des djinns
- Les invocations
- Le scénario simple mais efficace
- La diversité des lieux
- La durée de vie
- Les huit personnages attachants
- Les antagonistes
 
 
Les moins : - Le design de la carte
- La linéarité du premier Golden Sun
- Seulement quatre personnages pour Golden Sun
- Quelques ralentissements pendant les combats
 
 
Ce qui a mal vieilli : - Pas grand-chose
- Peut-être certains dialogues un peu cul-cul
 
 
Avis passionné de Nadrak : En écrivant ce retrust, je m’aperçois que les Golden Sun font partie de ces jeux qui m’ont marqué pour longtemps. L’impression de liberté, les graphismes, la musique, les personnages, les vilains. Ce jeu me donne encore envie d’y jouer, 15 ans après. Certains lui reprocheront peut-être la linéarité du premier, mais le deuxième corrige ce défaut. Ce jeu est toujours d’actualité, à tel point que mon texte est écrit au présent. Les RPG sont nombreux, mais les Golden Sun sont pour moi sur le podium de tête, à côté de Xenoblade Chronicles et des Baten Kaïtos. Je ne peux m’en empêcher, et je le dis malgré tout : « Si vous n’avez pas joué à Golden Sun 1&2, vous avez raté votre vie ».

 

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