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Test Bayonetta 2, le retour de la sal… sorcière

18 Mars 2015 , Rédigé par Nadrak Publié dans #Test

Titre: Bayonetta 2
Editeur: Nintendo
Développeur: Platinum Games
Genre: Beat'em all
Plateforme: Wii U
 
Elle est de retour pour le plus grand plaisir des possesseurs de WiiU. En exclusivité sur la console de Nintendo, au grand désarroi de ceux qui ne là possède pas. Elle est de retour pour faire chavirer les cœurs, distribuer des claques monumentales, remettre les choses dans l'ordre au paradis comme en enfer. Platinum Games nous déclare son amour des belles choses bien faites, de l'action non stop et décomplexée, débridée, avec une héroïne à l'image de cette action continue. Les heureux possesseurs d'une WiiU ne possédant pas ce jeu doivent courir l'acquérir dès maintenant, sans perdre de temps sur ce test. Ne pas le faire serait une hérésie, un doigt d'honneur fait au Dieu du jeu vidéo. Un coup de pied au cul des anges de Platinum Games qui ont fait un travail remarquable pour nous livrer, tout simplement, l'un des jeux les plus fantastiques de 2014.
 

Si vous n'êtes pas encore en train de courir chez votre fournisseur habituel, sachez que ce deuxième opus, qui fut sauvé in-extremis par Nintendo, se veut la suite chronologique du premier épisode sorti à l'origine sur PS360. Cereza, sorcière de l'Umbra et également gardienne de l'œil de l'ombre se voit de nouveau obligée de combattre des forces ennemies issues du paradis et de l'enfer. Son amie Jeanne se voit, en effet, dépossédée de son âme par l'une des invocations démoniaques de Cereza, obligeant cette dernière à rechercher les portes de l'enfer pour sauver la sorcière en rouge d'un tourment éternel. Elle pourra, pour mener à bien sa tâche, compter sur de vieux amis : Rodin et Luka. Et ses combats mèneront à une autre rencontre, un jeune garçon nommé Loki, qui sera au centre de l'intrigue. Voilà, on s'en débarrasse dès le début du test : ce scénario est peut-être le seul défaut du jeu. Une histoire pas toujours en accord avec les pouvoirs des personnages, qui se mêle à l'histoire du premier pour arriver à perdre le joueur dans de tumultueuses rémanences temporelles. Le fait que Rodin, qui est un démon, ne puisse envoyer la sorcière lui-même en enfer est un exemple de cette faiblesse. Tout comme il est bon de souligner que les joueurs n'ayant pas joué au premier opus seront sûrement perdus devant certaines scènes. Un scénario alambiqué qui sera servi à grand renfort de cinématiques. Si certaines sont tournées vers l'action pour mettre en avant les talents de la belle, les dialogues sensés faire avancer l'intrigue seront à suivre sur des écrans fixes, symbolisés par des bandes VHS. Pas toujours intéressants, ces passages dévoileront le scénario au fur et à mesure de l'avancée du joueur avec pour conséquence de casser l'action omniprésente. Mais malgré cette faiblesse scénaristique, il faut aussi noter que ce point n'était pas la priorité du studio, qui s'est surtout concentré sur... tout le reste. Vous étiez prévenu dès le début, c'est un grand jeu, et ce scénario est le seul point noir qui empêchera Bayonetta 2 d'avoir la note de la perfection.

Car tout le reste est parfait à commencer par le système de jeu lui-même. Ce qui a fait le succès critique du premier épisode a été repris, repensé pour en gommer les légers défauts, et servi sur un plateau en platine pur. Les combats, qui sont au centre du jeu, sont gérés de main de maître. Ils sont à la fois accessibles au plus grand nombre, mais également très techniques de par la profusion de mouvements dont est capable la jolie brune. Un bouton pour utiliser l'arme équipée aux mains, un autre pour celles équipées aux pieds, un pour tirer au flingue et utiliser les armes ennemies, encore un autre pour sauter et un dernier pour esquiver. Le joueur peut mélanger toutes ces touches pour créer des enchaînements dévastateurs. Et si au début, les seules armes équipées sont les pistolets (nommés « l'amour est bleu »), il est très rapidement possible de posséder d'autres armes qui permettent de trucider les ennemis avec énormément de classe. Ces armes se récupèrent chez Rodin, monnayant ses créations contre des disques d'or vinyles trouvés dans les différents niveaux. Chaque arme permet de combattre différemment les hordes angéliques et démoniaques. Le joueur peut mélanger toutes ces touches pour créer des enchaînements dévastateurs. L'arc permet d'attaquer de loin là ou les flingues permettent l'attaque à distance avant d'envoyer un poing démoniaque dans la tronche des vilains. Au joueur de trouver son bonheur, car le choix d'une arme influencera rarement le déroulement d'un combat, les combinaisons de touches étant les mêmes pour toutes les armes. Seul le positionnement du personnage face aux ennemis selon l'arme équipée est à prendre en compte. Et comme deux armes différentes peuvent être équipées au même moment, (aux mains et aux pieds) cela donne des combinaisons encore plus nombreuses.

Aux différentes attaques s'ajoute également l'esquive dont il faut abuser pour venir à bout des nombreux ennemis parsemant les niveaux. Cette esquive deviendra même instinctive très rapidement, car elle déclenche un ralentissement du temps, permettant d'enchaîner encore plus vite les ennemis n'ayant aucune possibilité de contre-attaque pendant quelques secondes. Cela permet de remplir bien plus rapidement sa jauge de magie pour ainsi donner un choix au joueur : déclencher l'umbra ou une attaque sadique. L'umbra, rajout de ce deuxième opus, se déclenche par simple pression de la gâchette « L », augmentant de manière considérable les dégâts infligés aux ennemis pendant de nombreuses secondes, vidant la barre magique, mais ayant une zone d'effet considérable. Les attaques sadiques, elles, se déclencheront par pression des boutons X et A pour faire subir les supplices innombrables de machines de tortures en tous genre, de la guillotine en passant par la roue dentée, et ainsi provoquer d'immenses dégâts sur un ennemi unique, moyennant le martèlement d'une touche pour remplir la jauge. Ce système demandant au joueur de marteler un bouton ou bien de tourner les joysticks le plus rapidement possible se retrouvera également dans le coup final porté à chaque boss. La sorcière fait appel à sa « tenue-chevelure » pour ouvrir un portail par lequel sort un démon qui dévore l'ennemi dans une gerbe de sang.

Mais il n'y a pas que de la violence dans ce jeu (enfin, 90 % du temps tout de même), il y a aussi de l'exploration. Jamais très longue, elle permet de découvrir les différents éléments cachés tel que les corbeaux (qui étaient présents dans le premier), des notes apportant des précisions sur l'histoire de cet univers, des combats additionnels avec récompenses à la clef, les portails de muspelheim menant à une arène où il faut combattre sous des conditions bien particulières, les cœurs de sorcières pour augmenter sa jauge de vie, et des perles lunaires pour augmenter la magie.

Si les combats et l'exploration sont maîtrisés, le menu est également très bien pensé. Il y a quatre pages. L'une d'elles archivera automatiquement les informations sur le jeu symbolisées par des ouvrages. Chaque ennemi rencontré se voit archivé dans un livre pour se voir attribuer une définition qui lui est propre (il y a deux livres : anges et démons). Il y a également deux livres que l'on pourrait décrire comme des succès, les vingt corbeaux tout d'abord, et trente actions qui sont indispensables pour atteindre le 100%. Les notes de Luka y seront également conservées, tout comme les portails de Muspelheim. En appuyant sur une des deux gâchettes, le joueur fera également défiler la page relative aux armes et bijoux équipés, et une autre permettra de créer soi-même les sucettes permettant de regagner de la vie ou de la magie, ou bien encore celles octroyant un surplus de dégâts ou une invincibilité temporaire. Des menus simples, sobres, qui vont à l'essentiel, c'est-à-dire laisser le joueur distribuer des baffes. Du tout bon encore une fois.

Les joueurs ayant connu le premier opus ont sûrement une question qui leur brûle les lèvres : qu'en est-il de la difficulté ? Trois niveaux de difficultés à la première partie, de la première à la troisième apothéose, que l'on pourrait définir comme des niveaux débutant, facile et normal. Ceux ayant de l'expérience sur Bayonetta seront avisés de commencer directement en troisième apothéose, qui propose un excellent challenge. Bien évidemment, une fois terminé dans ce niveau de difficulté, l'apothéose infinie se trouve débloquée pour faire fumer la manette à l'image des démons présents dans le jeu. De quoi attraper des tendinites aux doigts. Et cette difficulté est bien mieux maitrisée que dans Bayonetta, les phases de shoot étant bien plus agréables sans s'étirer sur la longueur (souvenez-vous du niveau sur le missile). Et plus la difficulté sera élevée, plus l'argent coulera à flot. Symbolisée par des auréoles ou des gemmes selon l'ennemi tué et le lieu parcouru, cette monnaie permettra d'acheter des armes, des bijoux, des techniques de combat, des costumes (dont ceux inspirés des personnages de Nintendo) et des consommables. Ce système capitaliste sera lui-même à l'origine de nombreuses heures de jeux pour récupérer la précieuse monnaie permettant de tout acheter, certain objets étant horriblement chers.

Heureusement, les graphismes sont sublimes et revenir dans les niveaux déjà visités en apothéose infini est un véritable délice. Tantôt coloré dans le monde du chaos et le paradis, tantôt sombre en enfer, chaque niveau possède une personnalité propre, le différenciant de son prédécesseur. La WiiU en a dans le bide et elle prouve avec Bayonetta 2 qu'elle n'a rien a envier aux productions actuelles sur les consoles concurrentes. Il est bien plus beau que Bayonetta qui était aussi bien plus sombre, et le seul véritable défaut vient des graphismes de l'arrière-plan dans les milieux urbains qui paraissent grossiers. Mais dans le feu de l'action, ou transformé en panthère pour se déplacer plus vite, le joueur ne s'attardera pas sur ces éléments qui sont insignifiants à la vue des grandes qualités du soft. C'est un des plus beaux jeux de la console, et l'on ressent les années séparant les deux épisodes. C'est une orgie de couleurs, accompagnant un gigantisme totalement assumé, avec une héroïne aux proportions qui feraient pâlir d'envie n'importe quel mannequin anorexique tout en étant disproportionnée pour un style plus jap'. Les ennemis eux-mêmes sont extrêmement diversifiés et bourrés de détails et l'on ressent un véritable effort de ce côté, d'autant plus que le nombre de monstres différents est deux fois plus important que dans le premier Bayonetta.

Et aux graphismes splendides s'ajoutent les musiques qui collent bien à l'ambiance complètement barrée de ce jeu : de la pop japonaise, de la musique classique, baroque... Chaque scène, chaque niveau, se voit affublé d'une musique qui pourra être écoutée à loisir en débloquant les extras après avoir terminé le jeu une première fois. Les voix sont également de grandes qualités, en version japonaise ou anglaise, et les bruits produits par les armes sont convaincants tout comme les légers râles des ennemis partant dans des gerbes de sang et d'étincelles. Mais porté par le feu de l'action, le joueur aura tendance à occulter quelque peu les détails auditifs pour se concentrer sur les actions.

Si cette action obnubile l'esprit du joueur, le jeu lui-même accaparera son temps. Si finir le jeu en ligne droite demande entre dix et quinze heures selon le niveau de difficulté choisi, débloquer tout le contenu, récupérer tous les trophées platine pur, débloquer le boss secret, le mode double apothéose permettant de jouer à deux ou avec un pnj fera monter la durée de vie à... jusqu'à ce que vous vous en lassiez. Soit environ une centaine d'heures. De quoi provoquer envie et jalousie chez votre petite-amie qui se demandera pourquoi vous passez plus de temps avec Cereza qu'avec elle.

Si vous avez lu ce test, c'est que vous n'avez pas encore rejoins le magasin le plus proche. Sachez que c'est un jeu qui a d'immenses qualités au cas où vous douteriez encore. Ses graphismes, son action décomplexée, son héroïne, sa durée de vie, son gameplay font de ce jeu l'un des indispensables de la console de Nintendo. Que l'on aime ou non le genre "beat them all", Bayonetta 2 mettra tout le monde d'accord. À prendre si possible avec la réédition du premier également en vidéo-test sur Geekplay.

 

NOTES:
 
Scénario: 15/20
Gameplay: 19/20
Graphismes: 19/20
Bande-son: 18/20
Durée de vie: 20/20
 
NOTE GENERALE: 18/20
 
Les plus:L'action monumentale
- L'héroïne
- Les attaques sadiques
- Le gameplay
- Les graphismes
- Des bonus à la pelle
- La durée de vie
- Le double-apothéose
- Les costumes des héros Nintendo
Presque tout quoi
 
Les moins:Le scénario passable...
- ... si l'on a déjà terminé le premier,
- sinon, on ne comprend pas tout...
- ...avec ces cinématiques en écran fixe
- Certaines textures urbaines
- Le troisième épisode paraît loin

 

L'avis de Nadrak: je ne suis pourtant pas un grand amateur de ce style qu'est le beat them all. Trop répétitif pour être réellement intéressant, Bayonetta est le seul depuis de nombreuses années à m'avoir prouvé le contraire. Des niveaux et ennemis variés, des techniques de prime abord assez simples, mais qui se compliquent si le but est de terminer le jeu à 100%. Un système de jeu efficace sans être lassant qui m'aura par la force des choses permis, le temps de mes parties, d'occulter un moment difficile de ma propre vie. Merci aux gars de Platinum pour cette œuvre, et merci à Nintendo pour avoir permis à ce jeu de voir le jour.

"Witch Please!"

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