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Test METRO : Redux, Métro, boulot, fachos !

4 Mars 2015 , Rédigé par Nadrak Publié dans #Test

Titre: Metro: Redux
Editeur: KOCH Media
Développeur: 4A Games
Genre: FPS
Plateformes: PC, PS4, ONE

 

Metro 2033 et Metro Last Light, sortis respectivement en 2010 et 2013, sont des jeux vidéo inspirés par les romans d'un auteur russe : Dmitri Glukhovski. Ces FPS couloirs sont récents, mais A4 Games a sûrement jugé qu'il serait rentable de les ressortir sur les consoles nouvelles générations. Les deux jeux se retrouvent donc sur une seule galette avec, en bonus, tous les DLC ainsi qu'une amélioration graphique pour coller avec les standards « next-gen » de la PS4 et de la Xbox One. Est-ce que ces jeux méritaient une nouvelle version ? Les joueurs ayant les versions d'origines peuvent-ils se lancer de nouveau dans cette aventure à mi-chemin entre un FPS et la survie ? Voyons cela ensemble.

Artyom est un jeune moscovite de 21 ans vivant reclus dans le métro de Moscou avec d'autres survivants. Les tunnels du métro sont les seuls endroits où le peu de ce qu'il reste de la population peuvent vivre sans trop craindre les radiations extérieures. Car en 2013, une guerre totale mit fin à la société humaine telle que nous la connaissons aujourd'hui. Les armements nucléaires furent utilisés dans le but de tout détruire et furent à l'origine de milliards de morts. Mais l'hiver nucléaire qui suivit fut pire encore pour les survivants. Ils durent se cacher dans le métro pour éviter les radiations, tout en apprenant à survivre dans ces lieux macabres et insalubres. Peu de temps après, d'autres menaces virent le jour. La première fut l'apparition de créatures étranges et extrêmement dangereuses, conséquences des mutations provoquées par les radiations nucléaires et le deuxième danger fut les hommes eux-mêmes. Après la catastrophe, plusieurs régimes politiques et courants de pensée ont refait surface. À la menace radioactive et aux dangers des créatures s'ajoutait dorénavant les menaces communistes et fascistes. La vie est donc difficile pour les survivants. Et Artyom se verra malgré lui embarqué dans une aventure qui l'emmènera à travers les méandres du métro, mais aussi à la surface, pour rejoindre Polis, un quartier du métro ou se trouve les rangers qui pourront lui apporter l'aide nécessaire pour sauver son « quartier ». Last Light quant à lui prendra place un an après les évènements de 2033. Je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler de l'intrigue, mais sachez que le deuxième opus n'est pas inspiré d'un livre (la suite, Métro 2034 qui n'a pas Artyom pour héros), mais possède un scénario totalement inédit écrit par Dmitri Glukhovski lui-même pour les besoins du jeu.

Bien évidemment, le voyage ne sera pas de tout repos. Artyom devra avancer dans des tunnels sombres tout en affrontant les menaces qui le guettent de toute part. Cette ambiance si particulière, malsaine, à la limite de la claustrophobie, donne aux jeux Métro une véritable personnalité. Et ce n'est pas la vue subjective qui atténuera cette sensation d'immersion. Les Métro sont des FPS couloirs, ou le joueur devra arpenter des lieux étroits et glauques, mais jamais labyrinthiques, pour atteindre son objectif final : Polis. Et pour laisser au joueur la chance de terminer le jeu, A4 Games a attribué à Artyom quelques compétences qui seront les bienvenues dans ce monde de violences.

Forcément, qui dit FPS, dit armement, et le joueur se retrouvera avec un personnage pouvant porter trois armes. Elles sont assez variées, bien que Last Light soit mieux fourni en la matière, et permettront de faire un carnage dans les rangs ennemis. Enfin, peut-être pas. Tout dépend du style de jeu que le joueur aura choisi, car il y en a deux. Le premier, le mode spartiate, se caractérise par une action prononcée, grâce à une profusion de munitions durant toute l'aventure. Le deuxième, le mode survie, verra ces fameuses munitions limitées, mais fera aussi la part belle à l'infiltration plutôt qu'à l'action. En clair, deux modes de jeux bien distincts permettant d'appréhender l'aventure de deux manières, chaque mode apportant des sensations différentes. Autant dire que le mode spartiate parait légèrement plus facile. Mais ce n'est pas tout car il y a également plusieurs modes de difficultés dont les deux modes ajoutés à l'origine en bonus de précommande : les modes Ranger et Ranger Hard. Ces deux niveaux de difficultés se voient épurés de toute interface, avec une augmentation des dégâts reçus, mais également infligés. Une fois le mode et la difficulté choisis, l'aventure pourra commencer. Et la première chose qui frappera le joueur, c'est la représentation quelque peu hollywoodienne de l'intrigue. C'est en quelque sorte une ligne droite, et cela facilite donc les mises en scène et ces dernières sont vraiment bien retranscrites. L'action, l'horreur, l'apocalypse, tout est vu à travers les yeux d'Artyom (son physique n'est d'ailleurs presque jamais aperçu). Le joueur ira donc à l'essentiel : avancé, tirer, s'infiltrer, ramasser les ressources. Et c'est là que le premier (mais léger) défaut du jeu apparaît : la redondance.

L'impression de toujours faire la même chose est bien présente, et le joueur pourrait éventuellement se lasser en enchaînant les deux Metro à la suite. Sûrement dû à linéarité du concept même (FPS couloir), ce sentiment est heureusement fortement atténué par le scénario et ses rebondissements réguliers. Et puis il y a toujours la possibilité d'engager une situation de deux manières différentes, soit en fonçant dans le tas, soit en restant discret, ce qui amène une certaine variété bienvenue. La discrétion est pourtant assez limitée. Le simple fait de rester dans le noir sans lumière quelconque pour l'éclairer et les soldats pourront passer à côté d'Artyom sans l'apercevoir. Il faut dire que l'I.A. est assez inégale. Les monstres mutants restent dans la norme actuelle, et certains vont même jusqu'à fuir par des trous dans les murs pour réapparaître ailleurs et mieux prendre le joueur en traître. Mais les humains sont un peu moins malin, car s'ils tirent et se cachent après avoir aperçu le héros, ils resteront bien sages pour peu que ce dernier soit accroupi et dans une obscurité relative. Notre russe favori pourra alors les éliminer discrètement, sans risquer d'être remarqué pour peu qu'il fasse attention à bien rester dans l'ombre. Une fois cet élément compris, les affrontements contre les communistes et les fachos deviendront presque trop simples.

Ces jeux ne se résument pas qu'à ses phases d'infiltrations (jamais imposées), et il faudra parfois se dépêcher de tuer les ennemis sans faire dans la dentelle pour ne pas tomber à court de recharge de masque à gaz. En effet, au même titre que les munitions, il faudra aussi faire avec les filtres du masque, disponibles en quantités limitées, pour pouvoir sortir à la surface et ainsi survivre aux radiations qui rendent l'air toxique. Un élément sympa ajoutant à l'anxiété des mutants une contrainte de temps, et le soulagement au retour dans les égouts. Vraiment réussi. Et en retournant dans les profondeurs de la terre, c'est la lampe torche qui sera la meilleure amie du joueur (avec son flingue). Éclairait les endroits sombres (définition d'une lapalissade : figure de style énonçant une évidence stupide), elle permet d'avancer pour regarder où l'on pose le pied, et peut aussi, en l'absence de prudence, trahir la position d'Artyom. Il faudra donc être vigilant à l'approche d'une nouvelle pièce sous peine de se retrouver sous le feu ennemi. De quoi apporter un peu de douceur dans ce monde de brut avant de les dégommer au fusil à pompe.

Si le gameplay est assimilé rapidement comme tout jeu en vue subjective qui se respecte, c'est aussi pour apprécier l'ambiance si particulière qui en émane. Metro : Redux possède une ambiance très réussie grâce à ses graphismes, ses effets de lumière très convaincants et les particules en suspension dans l'air. L'on pourrait croire que le jeu va vers la simplicité dans les textures du métro, mais les souterrains sont très variés et il n'y a jamais de « déjà-vu » dans les endroits visités. Les passages en extérieurs sont également très réussis, avec la lumière du soleil tentant de percer les nuages toxiques, les bâtiments éventrés, les marais puants et les carcasses de voitures, mais aussi d'hommes, qui jonchent le sol. Et l'extérieur est aussi synonyme de masque à gaz, permettant d'apprécier le sang giclant sur ce dernier pour peu qu'un mutant trop collant ait été explosé un peu trop prêt de sa position. La pluie dégoulinera sur le masque et de la buée apparaîtra quand un sprint sera effectué, renforçant de ce fait l'immersion.

Histoire de chipoter, car il faut vraiment s'attarder sur des détails, les textures sont parfois perfectibles, surtout sur 2033, mais cela reste rare. Comme toujours, l'ambiance rattrape ce léger défaut. Quant aux personnages et autres ennemis, ils sont très bien modélisés. Les mutants sont convaincants, et il n'y a pas d'impression de clone chez les humains, ce qui est un excellent point (c'est sûr qu'en explosant un communiste, le temps pour apprécier son visage peut faire défaut). Même les alliés sont reconnaissables et leurs mouvements fluides. La synchronisation labiale est plutôt excellente en français, même si la langue russe intégrée renforce l'immersion. Vraiment, Metro n'a pas à rougir face à la concurrence à ce niveau.

Le seul gros point négatif, qui casse quelque peu l'immersion, c'est Artyom lui-même, car le pauvre est cul-de-jatte, tout du moins, techniquement. Le malheureux ne pourra jamais apprécier la vue de ses chaussures, car il n'en a tout simplement pas. Se mettre contre un mur et regarder en bas pour admirer ses pieds inexistants est plutôt étonnant la première fois, et finalement, le joueur s'aperçoit qu'il ne contrôle qu'une caméra avec un gros flingue... Et l'immersion est cassée. Le joueur se contentera donc d'éviter de regarder en bas. D'autant plus que la lumière ayant un rôle très important, l'ombre d'Artyom est régulièrement aperçue et il a l'air d'être entier. Justement, ces effets de lumière sont vraiment très bien retranscrits. Un feu dans un bidon et c'est la lumière qui danse au rythme des flammes. Une lampe à pétrole allumée permet de mieux appréhender les alentours pour trouver d'éventuelles ressources, mais peut aussi trahir la position d'Artyom, et il pourra dans ce cas l'éteindre. Le moteur du jeu gère donc efficacement ces détails qui ont une grande importance dans Métro (surtout Last Light).

Il n'y a pas que la lumière qui peut mettre en danger la santé du jeune russe. Ses armes sont à la fois ses meilleures alliées, mais peuvent aussi lui faire défaut. Tirer sur un facho dans un couloir peut avoir de graves répercussions en attirants tous ses copains, d'où l'intérêt de parfois être discret. Dommage, car les sons des différents pétards sont plutôt sympas, mais il y aura toujours assez de mutants pour tester le son. Et quand il y a des fusillades, le joueur ne pourra malheureusement pas apprécier la respiration rapide, mais il y aura toujours la possibilité de piquer un sprint en extérieur pour en profiter avec la buée décrite plus haut, tout en échappant aux démons volants qui vous ont repéré et qui poussent des cris glaçants. Le but de ces explications est surtout de tenter de donner une idée de l'ambiance sonore. Elle transpire de la bonne volonté d'A4 Games de rendre ses jeux immersifs. C'est très réussi, et c'est encore plus prononcé dans la langue russe (si votre oreille interne supporte l'accent). Les musiques sont quant à elles en retrait et ne marquerons aucunement les esprits à cause de l'ambiance sonore vraiment poussée qui écrase le reste.

Si avec toutes ces qualités, et finalement peu de défauts, l'envie subite de faire l'acquisition de ce jeu vous venait à l'esprit, sachez que la durée de vie est également excellente. Bien sûr, prit seul, chaque Metro se termine assez vite, mais les deux réunis sur la même galette font que c'est un excellent investissement. Il faut environ une bonne dizaine d'heures pour terminer chaque opus et il faudra également compter sur les DLC intégrés qui rajouteront encore une dizaine d'heures. De quoi s'occuper un bon moment.

En résumé, Metro : Redux, est un excellent FPS et son ambiance y est pour beaucoup. A4 Games a réalisé un travail de fond conséquent pour améliorer ses deux productions d'origines sorties sur 360 et Pc, ainsi que sur Ps3 pour Last Light. Si les différences pour ce dernier sont moins flagrantes, c'est aussi parce qu'il est plus récent, et les joueurs ayant déjà terminé les deux opus sur la génération précédente ne verront peut-être aucun intérêt à réinvestir dans des jeux ayant moins de cinq ans. Mais pour ceux n'ayant jamais mis la main dessus, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas vous lancer dans l'aventure, et cela pour seulement 30 €uros neuf.

 

NOTES :
 
Scénario : 16/20
Gameplay : 17/20
Graphismes : 17/20
Bande-son : 19/20
Durée de vie : 17/20
 
NOTE GENERALE : 17/20
 
Les plus:L’ambiance de dingue
- Les graphismes
- Les effets de lumières
- La prise en main efficace et rapide
- Les doublages (français et russe)
- La durée de vie
- Mélange entre FPS et Survival selon le mode choisi
 
 
Les moins: - L’I.A. parfois perfectible
- Certaines animations
- L’infiltration pas toujours intéressante

L’avis de Nadrak : Je ne suis pourtant pas un grand amateur de FPS, pensant avoir fait le tour des possibilités promises par ce style de jeux. Mais Metro: Redux m’a fait changer d’avis. Certes, je retrouve les possibilités propres à beaucoup de productions du même acabit, mais Metro a su faire la différence grâce à cette ambiance particulière, entre action pure et moments plus malsains, entre endroits clos et espaces ouverts. Les mutants apportent une touche fantastique à un univers où les humains sont tout aussi dangereux, permettant ainsi de diversifier les actions (infiltrations, actions, fuites). C’est au joueur de s’adapter à la situation, et surtout selon son envie, apportant une liberté qui n’était pas évidente à la base pour ce style de jeu. Du tout bon.

"Celui qui trouvera en-lui meme assez de patience et de courage pour scruter toute sa vie les tenebres sera le premier a y apercevoir un eclat de lumiere" 

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